La répression des lanceurs d’alerte du nucléaire doit cesser !

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Lettre ouverte à Barbara Pompili

Madame la Ministre,

Le 17 mai 2018, Gilles Reynaud, salarié sous-traitant du nucléaire, était convoqué devant la commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires, et invité à témoigner sous serment des conditions de travail dans cette industrie. 

Vous étiez rapporteure de cette commission d’enquête. Vous répondiez ceci à l’introduction de Gilles Reynaud : « Vous dessinez un panorama inquiétant. Il nous interpelle puisque nous avons tous à l’esprit le renforcement de la sûreté et de la sécurité de nos installations nucléaires, (…) pour les personnes qui y travaillent. ».

À la suite de cette audition, Gilles Reynaud a été mis à pied par son entreprise, Orano. Celle-ci lui a reproché ses engagements syndicaux, un dénigrement de ses conditions de travail et, en bref, d’avoir mis en lumière les défaillances structurelles de l’industrie nucléaire. Gilles Reynaud a saisi le Conseil des prud’hommes de Nanterre pour contester cette décision. L’audience a lieu ce mercredi 17 mars.

Depuis la sortie du rapport de cette commission d’enquête, rien n’a changé. La transparence est encore synonyme de déloyauté, les salariés sont murés dans le silence et sommés d’entretenir l’opacité anti-démocratique qui entoure l’industrie nucléaire. Gilles Reynaud paie le prix de n’avoir dit la vérité, et rien que la vérité.

Madame la Ministre, entre temps, vous êtes devenue Ministre de l’écologie. On ne vous entend plus sur la question nucléaire, devenue le fétiche du Président. Où sont passées vos recommandations, comme celle d’une meilleure protection des sous-traitants, qui réalisent 80% des activités de maintenance dans les centrales et sont les plus exposés au risque de radioactivité ? Où sont passées vos convictions, vous qui déclariez il y a deux ans qu’un débat démocratique sur l’énergie nucléaire était nécessaire ? Qu’allez-vous faire contre la répression des lanceurs d’alerte dans cette industrie ?

Votre silence est assourdissant. Il est de votre responsabilité d’agir.

Pour l’intergroupe parlementaire de la France insoumise,

Mathilde Panot, vice-présidente du groupe parlementaire la France insoumise
Jean-Luc Mélenchon, président du groupe parlementaire la France insoumise
Manon Aubry, Co-présidente de la Gauche au Parlement européen
Manuel Bompard, Chef de la délégation France insoumise au Parlement européen

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