Levée des brevets sur les vaccins : chronique d’un cas d’école de bal des hypocrites en Macronie

Partager sur telegram
Partager sur twitter
Partager sur facebook
Partager sur linkedin

Inscrivez-vous ci-dessous pour vous abonner à notre newsletter

Macron n’a eu de cesse depuis un an de s’opposer à la levée des brevets. Nous avons gagné une bataille mais pas la guerre et n’oublierons pas leur hypocrisie. Cette victoire doit marquer un précédent : la santé doit l’emporter une bonne fois pour toutes sur le marché !

Excellente nouvelle que l’on n’attendait pas cette semaine : nous sommes à deux doigts de remporter la partie sur la levée des brevets sur les vaccins ! Après le soutien surprise de Biden, Macron s’est senti obligé de suivre. Une volte face totale du jour au lendemain après avoir soutenu l’exact inverse pendant des mois (pas de honte…) et avoir défendu mordicus les intérêts des bigs pharmas. Et même si l’Allemagne de Merkel tente de tout bloquer, les choses semblent bien parties. C’est une victoire historique pour notre camp, à la fois pour débloquer la pénurie mondiale de vaccins mais aussi pour faire primer la santé sur le profit et  créer une brèche dans l’idéologie du tout marché et de la confiscation du progrès technologique par le privé. Non, la santé n’est pas un bien comme un autre. Non, on ne peut pas faire des profits sur des millions de morts. Non, on ne produit et ne commercialise pas des vaccins comme des Iphones.

Vous connaissez mon engagement sur le sujet, celui de Jean-Luc Mélenchon, celui de toute la France Insoumise, celui du groupe de la gauche au Parlement européen que je co-préside. Vous savez aussi qui bloque tout depuis des mois : la France et l’Union européenne. Macron a voté plusieurs fois contre la proposition de l’Inde et l’Afrique du sud à l’OMC. Les élus LREM ont voté contre nos amendements à l’Assemblée nationale et au Parlement européen (pas plus tard qu’il y a 10 jours !). L’ensemble des porte-paroles de la majorité ont parcouru les plateaux pour recracher l’argumentaire des big pharmas. “Ça ne sert à rien” (pourquoi l’OMS et 100 Etats le demandent?).  “Les pauvres labos ne s’en remettraient pas” (26 milliards pour en 2021 grâce au vaccin !). “Sans brevets, pas de recherche” (c’est d’abord de l’argent public qui a financé). ““Les actionnaires doivent être rémunérés (pour quel travail ?!). “Les big pharmas font le maximum” (des dizaines de sites de production sont inutilisés dans les pays du sud faute d’avoir le droit de produire les vaccins).

Ces mensonges, issus du lobbying agressif de l’industrie pharmaceutique, ont été rabâchés sur tous les tons. Mais le revirement de Joe Biden (encore lui, il ne cessera de nous surprendre) a changé la donne. Entraînant un rétropédalage généralisé du jour au lendemain de la Macronie et un grand bal des hypocrites dont le cynisme fait frémir. Macron annonce au détour d’une interview qu’il y est bien sûr “très favorable”. Clément Beaune (secrétaire d’Etat aux affaires européennes) et Agnès Pannier-Runacher (secrétaire d’Etat à l’industrie) aussi. Thierry Breton, Commissaire européen aussi. Les députés de la majorité aussi. Celles et ceux qui m’avaient traité de menteuse, de démagogue ou d’ignorante en débat télé aussi. Bref, tout ce petit monde a retourné sa veste en quelques heures en espérant en plus qu’on ne leur demande aucun compte sur leurs propos et actes passés !  

J’en parle avec passion car ce combat n’est pas un combat comme les autres. C’est une bataille mondiale lancée depuis des mois, portée par les pays du Sud, des dizaines d’ONG, des milliers de scientifiques, l’OMS, 175 ex leaders mondiaux et prix Nobel, 400 parlementaires nationaux et européens. C’est une lutte acharnée que nous menons quotidiennement dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans l’hémicycle, partout où nous le pouvons. C’est une urgence vitale face à une crise sanitaire qui a tué plus de 3 millions de personnes. C’est une question d’égalité alors que plus de 80% des doses administrées ont été captées par les pays les plus riches. C’est un impératif d’efficacité pour nous prémunir de l’explosion des nouveaux variants dans les zones où le virus est hors de contrôle faute de vaccins. C’est un impératif moral pour que les gros labos arrêtent de faire des profits indus sur la pandémie. Tout le monde le sait très bien mais le blocage actif de Macron et l’Union européenne nous ont fait perdre de très longs mois qui auraient pu être mobilisés pour accélérer massivement la production de vaccins aux quatre coins du globe.

Alors bien sûr nous voulons surtout retenir ce moment historique où notre mobilisation a payé. Où les dogmes libéraux sont battus en brèche. Où le concept de biens communs mondiaux a démontré toute sa pertinence. Mais on ne peut s’empêcher d’être amers face à cette manière de faire de la politique. Qui refuse d’accepter ses responsabilités. Qui dit l’exact contraire de ce qui a été dit la veille. Qui trompe les gens en se félicitant d’une mesure qu’on bloque en réalité en coulisses. Qui méprise les citoyens en pensant qu’ils ne s’apercevront pas de ses basses manipulations. Amertume mais aussi colère face à trop de journalistes qui ne prennent pas la peine d’exposer ce foutage de gueule total, ce qui ne nécessite pas des semaines d’investigation mais deux minutes de recherches google. 

Alors on ne va pas les lâcher et je vous invite à faire de même.     

Nous n’oublierons pas et nous resterons vigilants car nous ne leur faisons absolument pas confiance. Nous avons gagné une bataille mais pas la guerre. Il faut encore s’assurer que la France et l’Union européenne soutiendront bien telle quelle la proposition de l’Inde et l’Afrique du sud à l’OMC. Il faut lever les blocages sur les exportations des matières premières nécessaires à la production de vaccins. Et il faut enfin organiser un transfert de technologies au niveau mondial pour créer des lignes de production partout où c’est possible. Cette victoire politique doit désormais se traduire dans les faits et créer un précédent pour l’avenir : on lâche rien ! 

Plus d'articles

Inscrivez-vous à notre newletter !

C'est gratuit, et envoyé une fois par semaine.

DFI

Pour vous inscrire, cliquez ici : https://d-fi.lafranceinsoumise.fr/newsletter/

Renseignez votre adresse email et recevez chaque semaine l’actualités des luttes de notre délégation au Parlement européen.