Interdiction de la pêche électrique: un jour historique pour nos océans, mais une préservation loin d’être acquise

Partager sur telegram
Partager sur twitter
Partager sur facebook
Partager sur linkedin

Inscrivez-vous ci-dessous pour vous abonner à notre newsletter

Au 01 juillet 2021, l’interdiction de la pêche électrique entre en vigueur dans les eaux européennes. Une législation obtenue après de longues années de lutte, menée de concert avec l’association BLOOM et les pêcheurs artisans français. Une victoire qui en appelle d’autres : les menaces sur les océans restent multiples.

Aujourd’hui entre en vigueur l’interdiction de la pêche électrique, une méthode “barbare”, pour l’eurodéputé Younous Omarjee, à l’origine de cette interdiction. Pourtant, cette pratique est censée être interdite depuis… 1998 ! C’est par le biais de dérogations obtenues par la Commission européenne, que des centaines de bateaux industriels ont continué de la pratiquer dans les eaux européennes.

Pendant de nombreuses années, des acteurs engagés sur cette cause ont tenté d’interpeller les décideurs politiques sur ce contournement législatif. L’association Bloom a déposé plusieurs plaintes auprès de la Commission européenne, tout en organisant de grandes campagnes citoyennes pour sensibiliser et mobiliser les gens sur la question de la pêche électrique. A l’automne 2020, ce sont plus de 27 000 plaintes citoyennes qui sont envoyées à la Commission !

Menant aussi des enquêtes sur ces dérogations, qui selon le règlement devaient être accordées à seulement 5% des flottes par État, l’association a mis en évidence que l’Etat néerlandais a menti et triché pour obtenir des licences, sans que la Commission européenne ne réagisse. Un déni inacceptable de la part de la Commission , qui a fermé les yeux durant des années sur ces abus. Le journaliste d’investigation Thomas Spekschoor dévoile aujourd’hui une enquête sur les manipulations des navires néerlandais pour obtenir plus de licences que la loi n’en permet. Ce sont ainsi plus de 84 bateaux qui ont pu être équipés pour la pêche électrique, sur la quinzaine de licences maximum autorisée. Un scandale que la Commission européenne s’est bien gardée de dénoncer !

Mais en 2018, les défenseurs de la pêche électrique subissent un revers démocratique : le Parlement européen vote un amendement déposé par l’eurodéputé Younous Omarjee : il instaure l’interdiction de la pêche électrique dans les eaux européennes, une victoire de taille dans la lutte contre la surpêche.

Tentant de déroger à cette décision, les Pays-Bas, adeptes de la pêche électrique, ont continué leurs assauts pour la faire autoriser de nouveau, en déposant un recours à la Cour de Justice de l’Union Européenne. Là où l’intense lobbying européen n’a pas réussi à faire ses preuves, les défenseurs de la pêche électrique se sont ainsi tournés vers la justice pour obtenir le piétinement de la décision des députés européens. Mais le recours est rejeté : la pêche électrique sera bien interdite dans les eaux européennes à compter du 1er juillet 2021 !

Pour l’eurodéputé Younous Omarjee, qui s’est battu au Parlement européen contre cette méthode de pêche destructrice : “C’est un jour historique. L’entrée en vigueur de l’interdiction de la pêche électrique, qui résulte d’un long combat aux côtés de l’association BLOOM et des pêcheurs artisans, est une excellente nouvelle pour nos océans, pour les pêcheurs artisanaux et les poissons, les premières victimes de cette méthode.”

Une victoire que salue ceux qui luttent pour la préservation des océans, comme Laetitia Bisiaux, chercheuse chez Bloom et spécialiste du sujet: “Il faut bien comprendre la visée hégémonique des industriels de la pêche. Si la pêche électrique n’avait pas été interdite, c’est l’ensemble des écosystèmes qui auraient été ravagés en une décennie. Et la pêche artisanale européenne aurait totalement disparu”

Une avancée donc, mais qui ne résout pas à elle seule le problème de la surpêche. Aujourd’hui, de nombreuses autres méthodes sont catastrophiques pour la préservation des écosystèmes marins. Toujours plus friands de profits, au détriment de la nature, les industriels ne lésinent pas sur la recherche et les nouvelles technologies agressives afin de permettre une pêche toujours plus massive. Ne pouvant désormais plus s’appuyer sur la pêche électrique, d’autres méthodes dangereuses voient le jour, comme la senne danoise et la pêche au jet d’eau haute pression.

“Cette victoire en appelle d’autres, explique Younous Omarjee, “Avec cette interdiction, nous sommes parvenus à éviter le pire. Aujourd’hui, nous devons redoubler de vigilance pour que les océans ne se transforment pas en vastes cimetières marins. De nouveaux combats sont à mener. La surpêche doit cesser.”

La préservation de la biosphère passe par les mers et les océans, qui recouvrent 70% de la surface de la Terre. Or la pêche industrielle et intensive met grandement en danger ces écosystèmes et donc la survie de l’humanité. Nos océans sont en péril. Il nous faut planifier et porter une bifurcation écologique d’envergure sans plus attendre, et permettre enfin l’harmonie entre les être humains et la nature.

Plus d'articles

Inscrivez-vous à notre newletter !

C'est gratuit, et envoyé une fois par semaine.

DFI

Pour vous inscrire, cliquez ici : https://d-fi.lafranceinsoumise.fr/newsletter/

Renseignez votre adresse email et recevez chaque semaine l’actualités des luttes de notre délégation au Parlement européen.