Pandora Papers : les Etats gangrénés par l’évasion fiscale

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Un de plus ! C’est à peine si la surprise est là. Le scandale des Pandora Papers, révélé il y a quelques jours, s’ajoute à la longue liste des découvertes sur les fraudes fiscales massives : Offshore Leaks, Luxleaks, Swissleaks, Panama Papers… Si dans le débat public, l’évasion fiscale est dénoncée et critiquée depuis plusieurs années par la plupart des décideurs politiques, le système économique qu’ils défendent lui permet d’avoir une existence bien réelle. La boîte de pandore a été ouverte. Et le butin est colossal. 

L’Europe, une passoire pour les  évadés fiscaux 

On ne manquera pas de le faire remarquer, il est évident que la politique de l’Union Européenne en matière de lutte contre l’évasion fiscale fait pâle figure face au montant qui a été subtilisé par les ultra riches de la planète. Dotée d’une liste de paradis fiscaux censée contrecarrer les pratiques frauduleuses, l’Union Européenne se targue ainsi : “d’améliorer la bonne gouvernance en matière fiscale à l’échelle mondiale” et de “veiller à ce que les partenaires internationaux de l’UE respectent les mêmes normes que les États membres”. 11 300 milliards ont été volés aux Etats, quelle réussite ! 

La fameuse liste noire des paradis fiscaux de l’Union Européenne semble en effet contenir quelques trous. Car la très grande majorité des Etats cités dans ce scandale comme Hong-Kong, Bélize, les îles vierges britanniques, Chypre, la Suisse, Dubaï ou encore les Etats-Unis n’en font pas partie ! Un oubli peut-être ? Ou bien l’aveu d’une complaisance entre les dirigeants de l’UE et les grandes fortunes qui braquent leur propre pays ? Difficile de ne pas se poser la question lorsque l’on sait que certains dirigeants politiques européens sont eux-mêmes coupables… Comme par exemple le ministre des finances néerlandais qui donne des leçons d’austérité budgétaire tout en ayant recours à des montages fiscaux avec les Îles vierges britanniques. 

En réalité, l’enchaînement des scandales révèle le caractère systémique d’une délinquance financière généralisée et impunie. Difficile dans ce cadre de subir les leçons de morale des dirigeants, et d’accepter leur politique d’austérité et la destruction des services publics (hôpitaux, écoles, transport…) quand on comprend que de telles sommes passent sous le nez des Etats. Et bien incapables de répondre convenablement à ces accusations, les gouvernements se murent dans des silences coupables. 

Un butin de l’équivalent du PIB de l’Union Européenne 

Le butin des fraudeurs fiscaux est quasi imprononçable… Onze mille trois cent milliards de dollars. Mais à quoi pourrait-on le comparer pour mieux le comprendre ? Tout simplement au PIB des 27 Etats de l’Union Européenne additionnés… A savoir 13 349 milliards sur l’année 2020 ! 

Et parmi les fraudeurs… 336 dirigeants et responsables politiques à travers le monde. Ceux-là même censés mettre un terme… à l’évasion fiscale. A quoi s’attendre de ces gens? On notera d’ailleurs que deux jours après le scandale, la Commission européenne a retiré 3 pays de sa maigre liste des paradis fiscaux, dont les Seychelles qui pourtant apparaissent dans les Pandora Papers. Une décision qui envoie un message évident de laxisme et de laisser faire en termes de fiscalité. 

Terrassons l’évasion fiscale !

L’évasion fiscale est une aberration qui accentue les inégalités sociales entre les gens. Un délit de masse commis par des fraudeurs qui prennent, profitent, et pensent pouvoir se soustraire à l’effort collectif. 

Il est temps d’agir contre ce fléau et de faire de la lutte contre l’évasion fiscale une priorité politique européenne! Pour cela nous devons garantir une transparence totale pour lever l’opacité, établir une véritable liste crédible de paradis fiscaux et mettre en place un impôt universel pour faire payer à la source les multinationales et les milliardaires. 

Alors que dans de nombreux pays comme la France, les pauvres sont traqués et persécutés, les riches fraudent massivement sans même être inquiétés. Cette différence de traitement est insupportable et vient d’une connivence évidente entre les élites au pouvoir et d’une caste de privilégiés (dans beaucoup de cas, ce sont d’ailleurs les mêmes) Arrêtons de nous tromper de cible ! Terrassons l’évasion fiscale pour envoyer un  message clair à ceux qui profitent, et bâtir un système plus juste et égalitaire pour tous. 

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